Le Projet de Loi de Finances 2026 : Toujours plus de mesures contre l'Économie Sociale et Solidaire.
- 15 janv.
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Le Projet de Loi de Finances (PLF) pour 2026 contient une mesure visant à supprimer l'exonération de la taxe d'apprentissage pour les acteurs de l'Économie Sociale et Solidaire (ESS). Jusqu'ici, les associations, fondations, mutuelles et autres organismes à but non lucratif étaient exonérés de cette taxe. Le texte initial du gouvernement pour 2026 prévoit d'y mettre fin.
Cette mesure s'inscrit dans un budget de rigueur visant à ramener le déficit public à 4,7 % du PIB en 2026. L'État cherche à "rationaliser" les dépenses fiscales. En supprimant cette niche, il traite les structures solidaires comme des entreprises classiques sur ce point précis, niant implicitement leur spécificité non lucrative.
Selon l'UDES (Union des employeurs de l'économie sociale et solidaire), cette mesure représenterait un surcoût global de 239 millions d'euros pour le secteur. Pour une structure moyenne, cela équivaut à une hausse mécanique du coût du travail sans aucune ressource supplémentaire en face. Dans un secteur à forte intensité de main-d'œuvre (services à la personne, soin, insertion), cela se traduira inévitablement par une baisse des capacités d'embauche ou une réduction des services rendus aux bénéficiaires.
Cette décision est une terrible erreur tactique pour deux raisons :
➡️ Contre-productivité économique : En fragilisant les structures d'insertion et de formation (les premières touchées), l'État risque de payer plus cher en coûts sociaux (chômage, précarité) ce qu'il économise en recettes fiscales immédiates.
➡️ Risque politique : Le secteur associatif est un amortisseur social indispensable en période de crise. L'attaquer frontalement sur sa fiscalité historique, c'est provoquer un front uni des employeurs de l'ESS (UDES, Mouvement Associatif) qui sont déjà très mobilisés pour faire amender le texte au Parlement.
Le texte est encore en discussion. Des amendements de rétablissement de l'exonération ont été déposés, mais l'issue reste incertaine face à la volonté de "rabot" budgétaire du gouvernement.
La mobilisation du secteur suffira-t-elle à faire reculer le gouvernement avant le vote définitif ?




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